Interview - Coulisses

"Fables de La Fontaine"

 

Cie La Danse des Mots

 

-----  INTERVIEW    -----

 

 

Depuis 2016 au Parc de Sceaux pour la première "mouture" de ce spectacle, "Les Fables" de La Fontaine réunissent un public ravi ! Guy Chouraki ré-ouvre le livre des fables comme on ouvre la boite aux souvenirs, et invite petits et grands à goûter ces histoires savoureuses...

 

 

Avant tout, quel est ton rôle au sein de la Compagnie La Danse des Mots ?

En 2011, Isabel m'avait proposé le rôle de Morgan dans la pièce "Spirales". Pour porter ce projet, une structure associative était indispensable : nous avons créé la Cie La Danse des Mots. Depuis la création de la compagnie, je suis donc à la fois secrétaire et comédien. Je suis notamment responsable de l'atelier théâtre. Un grand et beau travail que de coacher des apprenti.e.s artistes de théâtre...

 

Comment t'es venue l'idée de créer le spectacle "Fables de La Fontaine" ?

Je suis plutôt un classique, amoureux de la musicalité des mots, musicalité que l’on retrouve à la lecture de ces mêmes classiques que sont entre autres, Molière, Racine. J'ai donc eu envie de me plonger dans ces Fables plus ou moins que connues, pour certaines combien de fois apprises à l’école, et qui sont toujours d’actualité. Une volonté également de m’y frotter en tant qu’acteur, de leur donner une approche originale.

 

En quoi ta proposition diffère-t-elle des autres approches des Fables ?

400 ans après la naissance du poète (1621) et 350 ans après la publication du premier recueil des Fables (1668), comment interpréter celles-ci aujourd’hui ? Faut-il les revisiter en gommant l’image longtemps véhiculée d’histoires destinées d’abord aux plus jeunes parce qu’il y a des animaux ? Alors, les animaux n’existeraient-ils que pour les enfants ?  Faut-il donc se résoudre à ne proposer qu’un spectacle destiné à un jeune public ?

En fait, La Fontaine nous aide à répondre...  S’il s’agit pour lui « d’instruire les hommes », il soutient aussi le réel bénéfice de donner aux enfants dès le plus jeune âge quelques leçons « de sagesse et de vertu ». On comprend dès lors l’incomparable destinée et l’intarissable succès des Fables en milieu scolaire et la véritable source de travail qu’elles procurent encore, je l’espère, dans l’apprentissage des Lettres.

 

Mais on a parfois caricaturé la posture de l’élève à qui il était demandé d’apprendre ces fameuses Fables par cœur, tout comme sa maladroite mais pardonnable diction quelque peu « chantée » ! Beaucoup d’entre nous ont connu ce moment au cours duquel il fallait, devant le reste de la classe, se livrer à ce périlleux exercice de mémoire. Je ne me souviens guère avoir entendu parler d’interprétation...

 

J’ai choisi de mettre les Fables à la portée de tous sans trop les intellectualiser et, cela va de soi, dans le respect de la pensée de l’auteur. Ainsi, mon interprétation des Fables passe avant tout par une mise en scène stimulant l’œil et l’oreille du public en utilisant les ressources du masque, de la voix, du jeu et du décor. Je tiens à établir une certaine complicité avec les spectateurs, à leur laisser le temps de vivre ces Fables par un rythme adapté.

 

Comment as-tu travaillé ce spectacle ?

D’abord en apprenant simplement les textes et parallèlement en réfléchissant (comme le dit Michel Bouquet : l’acteur c’est d’abord la réflexion) aux situations proposées par La Fontaine à travers ses animaux...  et surtout en poussant cette réflexion sur la morale de ces Fables : pourquoi La Fontaine a-t-il écrit "Le corbeau et le renard" ou "Les animaux malades de la peste" ? Comment ces textes résonnent en moi, comment je les transmets...?

 

J’y rajouterai les multiples séances de répétitions amenant les trouvailles de mise en espace, de création des personnages-animaux avec un gros travail sur la gestuelle. Et aussi un peu de recherches historiques car je fais intervenir La Fontaine dans le spectacle...
 

Mais oui, Monsieur de La Fontaine prend vie et voix sur scène !

Effectivement, pour certains passages du spectacle, j'incarne La Fontaine lui-même... Mon intention était de contextualiser les Fables, trop souvent déconnectées de leur auteur.
 

Tu as une expérience du "Seul en Scène". Est-ce que cela t'a aidé pour cette création ?

Oui ... Le « seul en scène » offre à la fois une liberté individuelle où la mise en scène est présente et une autonomie de créativité très large. On pénètre dans un univers à explorer en solitaire, sans le retour d’un partenaire et le défi consiste à ne faire confiance qu’à soi-même. C’est un grand espace de liberté.
 

Pour les Fables, c’est identique : j’entre pour interpréter l’une d’entre elles et le spectateur devient un peu le voyeur de mon univers. Je sais qu’il est là... Le public qui viendra assister à ces Fables, peut-être avec des idées préconçues, découvrira,  je l’espère, une réinvention de ces textes.

 

La Compagnie propose aussi du "Théâtre à domicile"...on peut recevoir le spectacle "Les Fables de La Fontaine" chez soi ?

Tout à fait, ce spectacle se prête bien à ce type de scène insolite ! Peu de décor, convenant à un public familial...Le site de la compagnie consacre toute une page sur ce type de demande.

 

D'autres programmations à venir pour ces fables ?

Dès que possible !

 

En attendant, (re)découvrez l'univers du spectacle ICI

 

 

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