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Un jour, j’ai rencontré un acteur dont le talent m’a donné envie d’écrire une pièce de théâtre. Mon format initial étant plutôt la nouvelle, il m’a fallu un peu de temps pour aiguiser mon écriture.
Enceinte de quelques mois au début de l’écriture, je suis partie sur l’idée de rondeur….Ainsi, l’idée de « cercle » est constante tout au long de la pièce. La construction peut paraitre déroutante : titre, redondance de certaines répliques, de certaines scènes, de certains gestes, rythme répétitif de la musique, les images d’enceinte (parallèle entre le mur et l’état de maternité refusé par le personnage de Lise)…A la fois, la même scène et pourtant différente…
Le thème de l’asile me trottait dans la tête pour plusieurs raisons. Ce terme renvoie à différentes acceptations : lieu de refuge, lieu d’accueil des jeunes enfants autrefois, lieu de retraite, lieu d’hospitalisation évidemment et lieu symbolique pour évoquer la « scène de nos vies »… La symbolique me semblait riche à explorer. Les trois personnages évoluent donc dans ce bout de parc abandonné au sein d’un asile, trait d’union entre un monde fermé et le monde extérieur.
Bien que l’action se situe dans un établissement psychiatrique, « Spirales » n’est pas du tout un documentaire théâtral sur la maladie mentale. Ce serait passer à côté de l’histoire et réduire les trois personnages à de simples désaxés. Léa, Lise et Morgan portent leur fragilité, exaltent leurs déchirures, s’abiment dans leur errances, tourmentés par leurs questions : qui suis-je, quel est mon libre-choix, qui est mon amour idéal. Des questions intimes que nous nous sommes peut-être déjà posé…
Dès l’écriture, j’ai imaginé des déplacements quasi-chorégraphiés. Ils tracent au sol la relation qui se tisse entre les trois personnages. La danse, présente dans le discours du personnage de Lise, est la métaphore de notre façon d’agir dans la vie. Les séquences semi-dansées ne servent ni un effet esthétique ni un effet original gratuits : Soustraire les mots par le geste vise la même efficacité que des répliques supplémentaires. Mon expérience de danseuse n’est pas étrangère à cet élément important de mise en scène.
J’ai rêvé une pièce intense, au texte travaillé, sous-tendue par des émotions exaltées, par une sensualité latente, mue par le jeu des corps et le cache-cache des mots. Une histoire qui laisse une trace en chacun de nous, comme la marque d’une gifle sur la joue, une fois le rideau tombé. Comme si nous reconnaissions tous en nous un peu de « Léa », de « Lise », de « Morgan » et pourquoi pas, de « Elisa » …
Alourdis par les mystères de notre passé, comment aurions-nous réagit à leur place ?
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