"Pink : d'amour et de roses" Théâtre dansé
----- Interview -----
Il faut parfois du temps pour que les idées mûrissent...Parfois, ce temps de création s'étire, s'étire, élastique d'un bout à l'autre du calendrier. La création de Pink a pris un peu plus de 3 ans. Mais, un spectacle gestuel ne se réalise pas aussi facilement que d'acheter un bouquet de roses...
Isabel vous livre quelques coulisses de la création du spectacle "PINK : d'amour et de roses"
Avant tout, quel est ton rôle au sein de la Compagnie La Danse des Mots ?
Tout est lié à la pièce "Spirales" que j'ai écrite et mise en scène. Pour la monter, j'ai créé une association pour faciliter les démarches administratives. Dans ce beau projet, trois personnes formidables, Guy, Magali et Magnolia m'ont suivie. Après cette création, Guy et Magali sont restées pour faire vivre cette association toute neuve. Plus tard, Dominique Contestin s'est jointe à nous...
Aujourd'hui, je m'occupe de tout le coté "invisible" : la tenue du site, la communication au sens large (dont les réseaux sociaux, vidéos, affiches...), le coté administratif...Parfois, je deviens formatrice lors d'atelier de Théâtre Dansé.
Ah ! Et je suis aussi la présidente de l'association ! A ce titre, je suis un peu la directrice artistique de la compagnie, en concertation avec l'équipe.
Comment t'es venue l'idée de créer le spectacle "Pink" ?
Un des concepts de la Danse des Mots est que chaque membre de l'équipe puisse exprimer son univers. J'avais donc envie d'assumer une proposition artistique au sein de la compagnie. Moi, je ne suis pas comédienne. Par contre, j'ai un passé de danseuse dont je me suis servie pour Spirales avec ses solos de danse et sa mise en scène. Très vite, les éléments composants Pink se sont imposés à moi. Comme une évidence. Et cela a été un défi tant personnel qu'artistique.
D'une certaine manière, tout spectacle est un défi artistique et parfois, un défi personnel...
Oui, mais en général, je préfére oeuvrer en coulisses et être la fée organisatrice qui permet que tout se passe bien ! Alors, monter sur scène pour ce spectacle est vraiment un défi pour moi. Quand je participais à des spectacles de danse, me retrouver devant le public n'était déjà pas confortable. Tous les artistes ont peur, je sais bien ! Et pour Pink, j'ai eu envie de sortir de ma zone de confort. De jouer avec mes limites personnelles. De partager des émotions. De m'amuser aussi ! Et d'exprimer encore une fois mon univers...
Justement, que mets-tu en scène à travers cette création ? De quoi ça parle ?
Pink parle d'amour, tout simplement. Ce n'est pas toujours le thème qui fait l'originalité mais la manière dont chaque personne pose son regard... Donc, j'ai eu envie de raconter un évènement certes personnel mais universel. Dans le spectacle, je trace un parcours amoureux de la rupture, en passant par l'attente, la rencontre et l'espoir du bonheur. Toutes ces étapes nous parlent, nous touchent, nous bouleversent. ..Car chacun, chacune, a eu à les traverser. Le tout à travers un mélange de danse contemporaine et d'autres éléments.
Oui, "Pink" annonce dans sa présentation une gestuelle de danse contemporaine, mots en langue des signes et esthétique cabaret. Peux-tu nous en dire plus ?
J'ai une pratique de la danse contemporaine et notamment d'une méthode de travail que j'ai apprise grâce à Pascale Houbin, chorégraphe dont j'admire le travail. Une façon de transposer les mots en gestes. De passer de l'oral au mouvement. De dire son émotion et son discours à travers la danse. C'est ce que je propose dans les ateliers de Théâtre Dansé, d'ailleurs. Et c'est comme ça que j'ai travaillé avec les comédiens pour Spirales. J'ai donc travaillé les textes des chansons choisies pour Pink, comme ça. Ceci dit, je ne suis pas danseuse, juste une femme qui danse les mots...
Comment intervient la langue des signes dans cette création ?
Depuis l'enfance, je suis attirée par cette langue. Mon émission préférée était "Mes mains ont la parole" ! Depuis toujours, je me suis donc intéressée à la gestuelle de la langue des signes. J'étais passionnée de danse déjà, je trouvais que les deux univers présentaient des points communs...
Pascale Houbin, la chorégraphe, "signe" aussi dans ses spectacles...
Oui. Et elle s'éloigne parfois du signe pur en le travaillant comme un geste dansé. J'avoue ne pas encore maitriser la langue des signes, je continue ce long apprentissage ! J'utilise certains de ces mots-signes comme outil chorégraphique. Je ne prétends pas faire un spectacle de "chant-signe" du tout ! On peut plutôt dire que la langue est réinterprétée par les codes de la danse. Peut-être qu'une personne pratiquant la langue des signes ne comprendra pas tout... Même si j'ai quand même pris soin d'apprendre le "mot" juste !
Et quant au coté cabaret ? D'où vient cette idée ?
Cabaret, c'est plus une ambiance intimiste... Je suis partie dés le départ sur l'idée des roses. La rose, c'est la fleur symbole de l'amour ! Et j'aime beaucoup l'alliance de la couleur rose et du noir. Ca m'évoque une ambiance boudoir, très féminine, et pas forcément sage...Cabaret, quoi. Donc, des éléments de décor et de costume reprennent cette idée d'ambiance boudoir-cabaret. Mais, ça reste soft...
Parles nous du décor... Ces éléments discrets mais particuliers...
J'ai construis la mise en scène autour d'un paravent et d'une chaise. Et j'ai travaillé aussi avec une créatrice pour certains éléments de décor : les mots en fer forgé, la roue, la vailise... Sonia Fiquet a fait un travail subtil et poétique formidable !
Tu n'a donc pas travaillé seule pour la création de ce spectacle...
On ne peut pas créer seule dans son bocal. Même si la majeure partie de Pink s'est construite en solo, je me suis octroyée des collaborations pour nourrir le projet. Par exemple, j'ai initié Pink avec la chorégraphe Marie Perruchet. Depuis, j'ai beaucoup progressé et gardé peu d'élements du travail fait ensemble. Mais Marie a eu le mérite de m'aider à réfléchir dans la bonne direction. Et j'ai pris conseil auprès de Jenifer Supatto, élève très avancée à IVT (International Visual Theatre) pour la langue des signes.
Le sous-titre indique "théâtre dansé". C'est à dire ?
C'est un spectacle pour lequel j'ai écrit des textes que j'incarne sur scène. Je ne les clame pas, je les livre en voix off...Un choix personnel. Il y a donc une partie théâtrale. Et "dansé" car c'est bien la danse qui fonde le spectacle.
Intriguant...
Tant mieux ! Avec "Pink", j'ai envie d'émouvoir, d'étonner, de faire passer un bon moment, d'offrir une bulle de douceur.
Des représentations ont déjà eu lieu depuis cette interview...
Oui ! Il y a eu celle de janvier 2018, sur invitation, dans le cocon de notre salle de répétitions. Puis le 14 février 2018, pour le lancement officiel et quelques représentations dans des petites salles. Et une chez l'habitant, merveilleux souvenir... Danser, pleurer, crier... à 30 cm des spectateurs, c'est une expérience !
Et quels sont les retours ? Le sais-tu ?
Oui car je prends le temps d'aller rencontrer le public après le spectacle. Ce qui revient souvent c'est : poèsie, romantisme, émotions, beauté... Les gens aiment les textes, les musiques qui semblent les entrainer tout au long de l'histoire. Pour ceux qui me connaissent un peu dans la vie, et me voient dans ce spectacle, c'est le mot "bluffant" qui est le plus utilisé ! En tout cas, tout le monde a le sourire à la fin, et rien que pour ça, c'est top !
En attendant, explorez encore un peu...


Les réactions
Guy Chouraki
Le 01/12/2015 à 12:48:25
Tout est dit, tout est clair: passion, Art, gestes et mots et ...attendons la suite !
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