Blanche-Neige / ballet contemporain

                                            

 

Blanche-Neige : ballet contemporain

de Angelin Preljocaj

 

par Isabel S.

 

 

 

J’aimerais vous parler de Blanche-Neige, ballet de danse contemporaine du chorégraphe français Angelin Preljocaj, (que j’adore !) créée en 2008 pour vingt-six danseurs sur la musique de Gustav Mahler.

 

Angelin Preljocaj présente une  Blanche Neige dans une version strictement narrative du conte des frères Grimm, axée autour des grandes étapes de la vie de la princesse. La musique reprend les grands mouvements de plusieurs symphonies de Gustav Mahler, et plus particulièrement la Première Symphonie. Pour ce ballet, Preljocaj a fait appel au couturier Jean-Paul Gaultier pour les (sublimes) costumes.

 

Lors de sa création à Lyon, Blanche Neige a reçu un bon accueil critique, qui a notamment relevé un parallèle avec Roméo et Juliette (une autre œuvre que j’affectionne particulièrement)  en raison de leur parenté romantique

 

Blanche Neige a reçu le prix du meilleur spectacle de danse lors des Globes de Cristal 2009.

Nagisa Shirai : Blanche Neige ; Sergio Diaz : Le Prince ; Céline Galli : La Méchante Reine

 

 

Pour la petite histoire, j’ai vu ce spectacle deux fois. A deux étapes amoureuses de ma vie... La première fois dans un théâtre, à l’aube d’une rupture. La seconde fois, dans le somptueux théâtre Royal de Versailles, au début d’une belle histoire qui se poursuit…

 

Tentons de raconter en mots, en domptant les émotions comme on peut, le ballet :

 

Une nuit brumeuse. Une jeune reine accouche seule de Blanche Neige et meurt.

La musique, la lenteur majestueuse de l’entrée de la danseuse toute de noir vêtue, plus à l’apparence d’une veuve que d’une jeune mère donnant la vie…Une scène magnifique qui m’a émue (déjà…) aux larmes. La question de la maternité, de la mort, de la noirceur…autant de thèmes qui ont façonné mon écriture...

 

                                         

 

Un appel lointain de cors, le roi approche et emporte l’enfant, procession sereine rythmée par les bois et les cuivres : requiem et espérance mêlés. Les années passent.  Il y a un côté magique quand la fillette danseuse disparait derrière une colonne et que…c’est une jeune femme qui apparait pour poursuivre la ronde paternelle.

 

Un bal au palais, Blanche Neige, sur un trône, près du roi, écoute la mélodie élégante et pastorale sur laquelle filles et garçons dansent et se courtisent. Quelle harmonie dans ce ballet ! Les corps font corps avec la musique de Mahler, que je redécouvre !

 

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Un prince remarque La belle qui ne reste pas indifférente. Il l’éblouit en dansant avec deux amis, un bal plutôt viril et trépidant.  Complainte à la fois inquiète et éthérée, émotion, le roi aide sa fille à choisir un cavalier. Blanche Neige choisit le prince et commence un pas de deux voluptueux, accompagné par les cors et les cordes.

 

Soudain, colère des cuivres, percussions et cordes, la reine surgit. Une reine d’une beauté ténébreuse, gansée de cuir, haineuse. Elle gâche la fête à travers sa danse noire.  Le prince fuit en protégeant Blanche Neige.

 

                                           

 

La reine narcissique s’admire dans son miroir. Et quelle idée ingénieuse, quelle prouesse technique que ce faux miroir, un peu comme celui d’Alice aux Pays des Merveilles, où l’illusion est parfaite, où on pourrait passer au travers…A travers ce miroir apparaît un jardin où garçons et filles se livrent à des jeux heureux et ludiques, au son de la  musique un rien lascive.

 

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Blanche Neige les rejoint, accueillie par une mélodie tendre. Elle danse joliment avec un foulard un instant de bonheur.  Le prince arrive…Et là…Oh, quelle magnifique moment ! Un pas de deux dans le silence ! Leur langage amoureux se crée. Première caresse, premier baiser, un adagio d’une infinie tendresse les enlace. Et ce pas de deux se poursuit sur une musique délicieuse. Ce même pas de deux que nous retrouverons plus tard, les mêmes pas exactement, les larmes aux yeux…

 

 

                                             

 

Une musique sombre, frémissements des cordes, gémissements des cuivres : La reine se pâme devant son miroir avec ses deux chats noirs. Deux félines danseuses dont j’ai admiré la technique et la coordination ! Car les deux chats dansent « en miroir » pendant un bon moment !  Brusquement l’image de Blanche Neige remplace l’image de la reine. Cette dernière exulte de haine. Elle convoque  trois danseurs, type GI en treillis. Leur mission : égarer et tuer la princesse…

 

Les GI/danseurs s’enfoncent dans les bois, sonorité martiale de soudards, fracassante, scandée au xylophone. Apeurée, Blanche Neige se débat. Non, ils ne peuvent pas la tuer, ce geste leur est impossible ! Une biche-danseuse surgit, surprenante dans sa gestuelle, craintive, aux aguets. Les hommes la sacrifient. Son cœur est arraché. Blanche Neige s’endort dans le silence.

 

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Sept nains surgissent de la falaise. Ils montent, descendent, se balancent comme des cloches sur la marche « Frères Jacques » transcrite par Mahler. C’est une véritable prouesse que ces danseurs acrobates ! Et jubilatoire de les voir « danser » sur la paroi !  Ils découvrent la belle endormie. Dans son maudit miroir, la reine a tout vu de la trahison. Les contrebasses, puis les cuivres et la cymbale accompagnent sa transformation en veille sorcière et la préparation de la pomme mortelle. Quel personnage que celui-là ! J’ai tout le temps été ambivalente, tiraillée entre sa cruauté et sa beauté sombre…

 

 

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Les animaux de la forêt s’emparent de l’orchestre, bois et cordes en pizzicati, pour soutenir une ronde guillerette entre les nains et la princesse pour un court répit, une brève récréation. Orchestre plaintif, extatique, Blanche Neige secourt une vielle femme voutée. Prudente, elle décline la pomme offerte en remerciement. Sous nos yeux remplis d’effroi, la reine lui enfonce de force dans la bouche ! Clameur des cuivres, convulsions, la malheureuse s’effondre…

 

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Et une scène d’une beauté somptueuse. Phrases musicales immenses aux cordes seules, quiétude paradisiaque dans un orchestre devenu quasi désert : la mère défunte descend du ciel. Oui, la danseuse toute de noir vêtue, le visage voilé de noir, vole, oui vole jusqu’au sol…. et emporte sa fille dans les airs, puis la repose. Doucement…Doucement...

                                               

 

La peine ancrés en eux,  les nains allongent Blanche-Neige sur son lit de verre. Enlacement des cordes et de la harpe. Et c’est la scène qui m’a fait craquer ! Les larmes coulaient sans retenue… Quand le prince, ravagé par le chagrin, tente de ranimer Blanche Neige. Il danse avec elle le même pas de deux que lors de leur rencontre au jardin.  Le corps de la princesse inerte virevolte, abandonné. Et il danse quand même avec elle, chaque geste, chaque pas, chaque porté… C’est juste magnifique. Enfin un frémissement, un éveil chancelant, un baiser, la vie !

 

 

 

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Grande salle du palais, un cor de postillon chante dans une nuée des cordes la paix retrouvée. Le roi marie sa fille au prince, une valse anime les courtisans. La musique s’accélère, s’affole. On traîne la reine diabolique dépouillée de ses atours face à la cour. Les cors crient vengeance, les harpes ricanent. Des serviteurs apportent des sabots de fer rougis à la flamme et chaussent la sorcière. Elle meurt, folle de douleur, une danse de dislocation, douloureuse même à regarder…

 

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Et le spectacle se finit. Et le beau théâtre Royal de Versailles se rallume. Et on sort dans la nuit, la main de son amoureux au creux de la sienne. On se sent un peu Blanche-Neige, Cendrillon et Juliette tout à la fois ! On rêve que nos rêves de princesse se réalisent, là, grâce à cet amoureux qui a fait l’effort de nous suivre à ce spectacle, lui qui n’aime pas forcément la danse contemporaine…

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=Sb5Q3FyqKKc

Extraits du spectacle

 

Angelin Preljocaj « Blanche Neige »

http://www.preljocaj.org/menu.php?lang=fr&m=1&a=4&m2=66

 

 

Prochaines créations 2016

http://www.preljocaj.org/menu.php?lang=fr&m=2&a=2

 

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  • Une compagnie de théâtre sympa, avec des gens sympas et talentueux. Au plaisir de vous revoir sur scène !

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